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Veni Vidi Gaspésie

2013-04-28_045453On quitte Québec un mardi après midi. Je suis assez content parce que « enfin » on quitte la ville. J’ai aimé cette ville mais on part maintenant vers une autre façon de consommer notre environnement.

La Gaspésie c’est le long du St Laurent et la péninsule se termine dans le Golf du St Laurent.
Bon on sort donc de la ville et au bout de quelques kilomètres d’autoroute, je remarque sur sur la carte une petite route qui serpente le long de la côte et qui fait tout le tour de la Gaspésie… Allez on sort de l’autoroute et on monte sur la fameuse route 132.

C’est une claque dès le début ! Ca contraste tellement avec ce qu’on vient de voir et de vivre. Il n’y a « plus rien ». On traverse quelques petits villages éventuellement mais on se retrouve vite sur une route bordée de sapins avec quelques colines sur notre droite et le fleuve sur notre gauche. D’ailleurs ce fleuve est immense. C’est difficile de croire que c’en est un. On se croirait surtout au bord de la mer.
On roule et la journée s’achève sur un coucher de soleil magnifique au dessus des montagnes de l’autre rive. C’est rare d’assister à ça dans un tel décor.

Maintenant, il s’agit de se trouver un coin où dormir. Sur la carte y est écrit « St Fabien – point de vue ». On y va ! Toujours sans trop savoir sur quoi on va tomber.
Quelques maisons de vacances bordent la route mais c’est tout. On gare la voiture face au fleuve. Puis… plus un bruit. Exceptionnel. S’endormir avec le bruit des vagues.
Bon, c’est mortel mais quand même, il fait froid ! Mais pas froid genre « c’est bon ça va ». Nan. Il fait FROID ! Genre j’ai pas le courage de sortir pisser.

Lendemain matin. Réveillé par un corbeau. Si j’avais eu une 22 Long Rifle, j’avoue que le corbeau, pour l’exemple, je l’aurais dégommé et accroché à un arbre pour montrer à ses copains qu’il y a certaines règles de politesse à respecter.

On roule et le décor n’en finit pas d’être fabuleux. Arrivé à St Anne des Monts, on se trouve une boutique de pêche et on se dit que ça serait marrant d’acheter des cannes et de pêcher. 2 cannes, des leurres, des hameçons, du file, allez hop ! C’est parti ! En plus pas besoin de permis pour pêcher autour de la Gaspésie.

Après une 2e nuit passée face au fleuve, on roule et là le décor commence à changer. Ca devient encore plus « wild » qu’avant. Mais bizarrement, on se croirait un peu en Bretagne par moment. C’est pas complétement surprenant vu que Jacques Cartier à débarqué ici pour la première fois en 1534 (couillu le mec quand même). C’est surement ici qu’on se sent le plus proche de nos cousins.

On arrive enfin à Gaspé. La ville qui se trouve vraiment au bout du bout. La première impression est assez mitigée. Je m’attendais à autre chose en fait. Peut être quelque chose de plus authentique. Finalement c’est une petite ville pleine d’histoire qui aurait tout à y gagner si elle jouait la carte de l’authenticité.

On se trouve un coin tranquile dans le port et on sort les cannes à pêche. Pendant 2h, seuls face à la mer avec un petit soleil et encore un peu de neige à droite, à gauche.
J’avoue que ça doit être marrant la pêche quand tu prends du poisson…

Finalement, on va boire une bière au bar/resto de la ville. Y en a pas 36. On se retrouve dans un endroit où tout le monde semble se connaitre et ça se voit qu’on vient pas d’ici. Puis de bière en bière, l’ambiance change. Les gens qui mangeaient sont partis et une autre équipe prend le relais. La musique devient plus forte.
P4260257Et là on tombe sur Jean-Philippe. On discute, on boit des verres, on fume des clopes, on se marre puis au final, ça sera notre guide pour la soirée. Il connait tout le monde et tous les lieux où se marrer un vendredi soir. Sur les 3 bars qu’on a fait, disons qu’on a eu le temps de faire connaissance.
Au final, on a passé une soirée complétement inattendue.
Le lendemain matin, vers 13h, on retrouve notre guide avec qui on va manger dans un resto.

Si on continue la route, on arrive à Percé. Un village où il y a un rocher avec un trou au milieu. Allez go ! Mais avant on prend une douche au gymnase municipal, non ?

Moi c’est là que j’ai pris la plus grosse claque visuelle en Gaspésie. Tout était réuni. Le soleil qui brille dans la mer, pas un nuage, des falaises, la nature, quoi !
A Percé, c’est très calme. Y a pas grand monde à cette époque. Après un petit stop devant le fameux rocher qui domine le village, on va au bout du quai et on sort les cannes ! Ca va peut être mordre ici, on sait jamais. Mais j’avoue que c’est surtout un pretexte pour etre dehors.

C’est là qu’on a rencontré Alain. Il nous a vu pêcher alors il est venu papotter avec nous. Il est cool et il a l’air d’être du coin, du coup je lui demande si il peut nous conseiller un petit resto local où on peut manger du homard. Le homard en Gaspésie c’est une sorte de religion. Et ça coûte vraiment pas cher (11 $/Kg). Mais c’est pas la saison touristique et rien n’est ouvert. Dommage…
Mais après un coup de fil à sa femme, il revient me voir et me dit : « on achète du homard, du vin blanc et vous venez manger à la maison ». Vendu ! Encore une fois, c’est complètement inattendu et c’est souvent ce qu’il y a de mieux.

P4270270Eh bah on s’est pas trompé. Chez Alain, c’est en dehors du village. légèrement en hauteur. Il est tout seul au milieu d’un terrain immense et sa maison fait face à la mer. Il y a encore un peu de neige dans le jardin, quelques sapins. Moi je valide à 100%. La chance ! En arrivant chez lui, Isabelle, sa femme, est déjà en train de préparer une salade géante. Autour d’un verre de vin blanc, on papotte et on fait cuire les homards et les crabes des neiges.
Puis à table, on reconnait vite les pros des amateurs. Alain, isabelle et leur fille Jade on des assiettes ultra clean alors qu’on est en train de manger avec nos mains. De notre coté, ça part dans tous les sens. Y a des pattes de homard partout, des bouts qui volent dans tout les sens, de l’eau de mer plein l’assiette, bref c’est un champ de bataille et je me demande si c’est pas moi qui vient de perdre. Je crois que c’est la meilleure façon de manger le homard : chez quelqu’un du coin qui te prépapre des homards péchés le long de la cote.
Avant de partir, Alain et Isabelle nous offrent du saumon fumé (qu’ils font fumer eux mêmes), des maquereaux préparés par leurs soins et des biscottes au chocolat qu’Isabelle a fait. Merci !

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En partant de chez eux, je me dis que j’ai rarement été acueilli de cette manière par des gens que je ne connaissais pas. C’est vrai que les Québécois ont le sens de l’hospitalité. Mais pas que. Disons que tout de suite, t’es considéré comme un membre de la famille. Que ce soit avec Jean-Philippe à Gaspé ou Alain et Isabelle à Percé, y a comme qui dirait pas eu de protocole. C’est direct « bienvenue à la maison ! ».

C’est ce que je vais retenir de la Gaspésie je pense : La gentillesse de ceux qui nous ont accueilli.

On termine notre boucle autour de la Gaspésie en repassant par Rimouski pour prendre le bateau pour l’autre rive et se diriger vers les terres afin d’entammer la grande traversée du pays.

A.

5 comments

  1. J’ai pourtant voyagé en Gaspésie, mais je n’ai jamais été accueillie comme vous l’avez été ! Le fait que vous y soyez allés hors période touristique est un avantage mais pas que, disons qu’en effet les « québécois » ont un vraiment un sens de l’hospitalité. Je suis heureuse pour vous et vous me faites aussi voyager. A +

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