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Varanasi – Retour en Inde

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Bon je vais être franc… Ma première expérience en Inde ne m’avait pas particulièrement convaincu. Certes c’était cool. Après être monté au Ladakh, j’ai fait de la moto, j’ai rencontré des bouddhistes, j’étais au milieu des montagnes de l’Himalaya… Mais justement, tout ça ne ressemblait pas vraiment à l’Inde. Ca avait clairement des airs de Népal et de Tibet. Et c’est d’ailleurs – entre autres – ce qui m’a poussé à aller au Népal.

Ma première impression de l’Inde en arrivant à New Delhi m’avait un peu refroidi. Mais ce pays m’intrigue… et notamment le sud. Alors je vais redonner une seconde chance à l’Inde. Mais cette fois en mettant le cap au sud.

Je pars du Népal. 8h de bus par-ci, 4h de bus par là, un passage de frontière et hop ! Retour en Inde. La claque est difficile à encaisser… je dois l’avouer.

J’arrive à Gorakhpur… horrible. C’est exactement le genre de ville qui vous colle un gros coup de déprime et qui vous fait dire “Bon allez ça suffit, on rentre à la maison”. Heureusement pour moi, cette ville n’était qu’un bref passage. J’arrive de nuit et je file à la gare pour fuir et attraper le premier train en direction de Varanasi (Benarès). Pas de bol, le prochain train est le lendemain à 5h du matin… Je vais devoir passer la nuit ici… dans la chambre la plus miteuse que j’ai jamais eu.

Bonne nuit...

Varanasi

Je vais être accueilli à Varanasi par un cadavre de vache en état de décomposition avancé… Pfff ça me donne envie de faire demi-tour (et la gerbe). Mais je continue d’avancer. Je suis trop curieux.

Varanasi est une ville sacrée. C’est ici que les hindous viennent pour être incinérés après leur mort. Sans franchement rentrer dans les détails de la religion hindou, la mort c’est se libérer de l’état actuel pour renaître et passer à un état meilleur. Dans l’idée, je trouve ça chouette. Et un des concept de l’hindouisme dit que : Veni, vidi, vici.

Nan, j’déconne

Je disais donc, un des concept de l’hindouisme dit que : mourir à Varanasi permet de rompre le cycle de la réincarnation et d’atteindre le nirvana. Mais le fait de voir tous ces gens qui viennent mourir ici me donne un peu l’impression que les hindous auraient – comme qui dirait – un peu la “flemme” de passer par le processus de réincarnation et qu’ils voudraient directement accéder au nirvana. Un peu comme si ils “forçaient” le destin… genre “je veux mourir ici et en finir avec cette histoire de réincarnation”. La réflexion est profonde…

Tout ça je l’avais lu, j’en avais entendu parler etc… Mais là j’y suis pour de vrai. Je suis face à la mort…

Et pas qu’un peu…

Du coup me voilà parti le long des quais, au bord du Gange. Bon… bah en effet… on vit peut-être sur la même planète mais on ne vit pas dans le même monde…

En 200m, j’ai dû assister à une bonne dizaine de crémations. Au début on scotche. On reste longtemps. On regarde. C’est surréaliste. Et pour être tout à fait honnête, il y a parfois un peu de curiosité malsaine… Ils brûlent des corps humains à ciel ouvert… c’est quelque chose qu’on voit rarement… donc bon. Puis on s’habitue. Ca fait parti de la balade et du quotidien.

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Mais le vrai poids de cet acte – du moins pour un européen comme moi – c’est que l’on est très vite rattrapé par une montagne de questions spirituelles qui viennent bouleverser le semblant de réponse qui commençait à se dessiner dans ma tête. Et comme on est là, assis sur les quais en train de vivre une expérience totalement nouvelle, on se laisse facilement aller dans nos pensées et on peut alors se permettre d’interpréter librement la chose.

En fait ici tout s’entrechoque. La vie et la mort. Le feu et l’eau. La joie et la peine. Eux et moi… Et tout ça se transforme en Big Bang humain et spirituel pour créer un gros tout difficilement explicable. Quoi qu’il en soit, c’est puissant.

Et la ville alors ?

Au delà de ça, le centre névralgique de la ville ne m’a pas été particulièrement agréable. C’est le bordel, ce n’est pas très beau et ça devient vite épuisant mentalement pour moi. Mais les petites ruelles rendent la chose intéressante. Du moins rigolote. On s’y perd très facilement. J’en ai fait l’expérience dès le premier jour. “Bon je vais prendre à gauche, puis à droite et ensuite ça devrait rejoindre la rue princip’ah bah non en fait. Attend… merde chui où là ? Je sais plus…”.

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Et puis à force de se perdre dans la ville, on rencontre du monde. En deux temps, trois mouvements, je me retrouve sur le toit d’une guest house, face au Gange, à partager un péta… une bière avec plein de gens nouveaux.

Hopopop ! T’as dit un truc là, juste avant ?

Allez je ne vais pas vous la faire à l’envers. je vais vous raconter.

Donc comme je disais plus haut, Varanasi est une ville sacrée. Et qui dit “sacrée” dit “spiritualité”. Et qui dit “spiritualité” dit…

Un bon gros tarpé sa mère !

En fait le long des quais, on voit énormément de sadhus fumer “je ne sais trop quoi”. Pour eux, l’idée  c’est de décoller spirituellement pour – peut-être – trouver des réponses dans cet environnement où la vie et la mort ne leur en apportent pas assez ? Allons savoir…

Du coup le gouvernement indien a comme qui dirait légalisé la drogue sans vraiment la légaliser… On ne sait pas trop ce qu’il en est officiellement. J’ai essayé de me renseigner mais difficile d’avoir une vraie réponse. Le gouvernement tolère. Mais en tout cas, il tolère tellement qu’on trouve des “government shop” où l’on peut acheter sa drogue librement et légalement. C’est un peu comme Meuda’.

Quoi qu’il en soit, promis, juré, craché, croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer… Je ne savais pas en venant ici. Autant Amsterdam je suis au courant, autant Varanasi ce fut une surprise. Cependant, je ne suis pas naïf… je voyais bien que ce que fumaient les sadhus sur le bord du Gange n’était pas vraiment réglementaire. Mais bon, je me disais “Ca va, c’est des vieux pépés hindous, ils ne font pas de mal, ils sont mignons”.

Le produit phare à Varanasi, c’est le Bhang Lassi. Alors un lassi, c’est d’abord un genre de yaourt à boire (comme un Yop). Il y a plein de goûts différents et c’est super bon (je recommande vivement le lassi à la banane… une tuerie). Mais le bhang lassi… Au lieu de mettre de la banane dedans, ils ont eu une autre idée. Ils se sont dit “Olala on va foutre de la beuhèr ! Comment ça va être golri sur la vie d’oim !”.

Enfin bon bref voilà… Un bhang lassi c’est un yaourt à la beuh.

Laissez moi tranquille maintenant…

3 jours m’auront suffit à Varanasi. L’atmosphère de cette ville est trop particulière, trop puissante pour que j’arrive à me balader et à profiter “simplement”.

Allez boum ! Me v’là dans le train. Direction New Delhi (encore…). J’ai une petite idée en tête… Je vous raconte ça bientôt.

Je vous donne un indice : c’est pas en vélo que j’ai continué la suite du voyage ;)

2 comments

  1. je te le dis a chaque fois, mais tu nous fais rêver et voyager, c’est pour cela que je t’avais envoyé la chanson : sur ma route de black M
    c’est un livre que tu vas nous écrire ensuite
    en tous les cas…….. moi je te suis
    Bravo et à bientôt dans ton voyage
    bisoussss de la rochelle

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