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Surfin’ Guatemala

On charge les sacs sur le toit du bus et direction le Guatemala. J’en ai pour un moment à prirori. Après 5h de bus, j’arrive à Flores (Guatemala). Là, j’ai 6h d’attente pour mon prochain bus de nuit qui va m’emmener jusqu’à Guatemala City.
On change un peu d’ambiance quand même, au Guatemala. Je me rends compte que le Belize est vachement plus prisé par les touristes. Les militaires et les AK-47 ont remplacés les Hollandais. Bref, mis à part le changement de décor, tout se passe bien.

Après 9h de bus de nuit, j’arrive au petit matin à Guatemala City, la capitale. C’est ma première vraie claque du voyage. Déjà parce que le terminus de bus se trouve dans un quartier que t’as pas nécessairement envie de visiter et puis parce que pour la première fois, je suis le seul « blanc » dans la rue et les gens te regardent.
Bon, il faut que je me renseigne pour trouver un bus qui va à Sipacate, sur la cote Ouest. « Au fait, tu parles Espagnol ? – Non… »
Ici personne ne parle anglais. Je trouve un guichet de bus et je demande… en anglais, en français… on ne se comprend pas. Alors je dessine. Ah ! Je crois qu’on commence à se comprendre. La dame du guichet se met à crier je ne sais quoi en espingouin, un mec se pointe et me fait signe de le suivre. Bon bah… je te suis, hein mais déconne pas, on se connait pas t’as vu. C’est un chauffeur de taxi. Je monte et on décolle. J’arrive à un autre terminus de bus.
Je me retrouve au milieu « du Guatemala qui se lève tôt ». Ca court dans tous les sens, ça crie, ça pue le diesel. J’ai passé une bonne heure au milieu du terminus à pas trop savoir quoi faire. Au bout d’un moment j’ai aperçu le nom de la ville où je veux aller (Sipacate) sur un panneau. Cool ! Je vais attendre le prochain bus.

Chiken bus
Chiken bus

Les bus ici, on les appellent les « chicken bus ». C’est des anciens bus scolaires « réhabilités ». Une peinture bien funky, bien latinos et hop ! Ca fera l’affaire ! Tout le monde m’a dit de ne pas prendre les transports publics. Il parait que c’est dangeureux ici. Ouais mais pour le coup, je suis paumé, je ne parle pas espagnol, je suis fatigué et surtout : j’ai pas le choix à priori.

P8030001Allez hop c’est parti pour 5h de route (un trajet qui se fait en 2h de voiture). Le bus s’arrête un peu partout, n’importe comment, pour prendre des gens (sur une bretelle d’autoroute, derrière une station service). Le truc c’est que personne n’est organisé par rapport au bus. Il va s’arrêter pour prendre quelqu’un au bord de la route et 20m plus loin, il va s’arrêter à nouveau pour prendre quelqu’un d’autre… « éh les gars… sans déconner… vous avez pas envie de vous rencarder un peu et de tous vous regrouper à des points stratégique ? » Bref c’est vite le bordel mais ça fonctionne. Le bus est plein, y a des gens sur le toit et on continue de s’arrêter pour prendre des gens.

Sinon niveau « danger » des transports publics, RAS. Bien au contraire. Alors je suis le seul touriste du bus et ça se voit. Mais je crois que ça fait plus marrer les gens qu’autre chose. La solidarité va vite : ils ont vite vu que je ne parlais pas espagnol et que j’étais un peu paumé. Au final, je me suis fait aider par pas mal de monde.

Bon je finis par arriver à Sipacate (enfin !). Un tour de tuk-tuk et un coup de bateau et j’arrive enfin au Surfcamp de El Paredon.

Un surfcamp c’est des hamacs et des planches de surf. Et y a rien d’autre à faire que du surf. Ca tombe bien je suis là pour apprendre.

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RDV le lendemain matin sur la plage à 7h avec Polo, mon prof de surf. « Oh Polo… 7h du matin… t’aimes pas dormir ? » En fait, à cause de la marée montante et descendante, il n’y a que deux moments cruciaux pour faire du surf : le matin et en fin d’après midi. Et entre les deux, y a des hamacs pour passer le temps.

Quand tu regardes les locaux faire du surf, tu te dis « Ah ouais en fait c’est facile ». (Tout mon respect à Polo, Juan Carlos, son petit frère et toute leur bande de potes qui eux, SAVENT faire du surf)

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Mais quand c’est ton tour… c’est une autre histoire. Et ça fait bien marrer les locaux. Tu passes beaucoup de temps dans l’eau et très peu sur ta planche.
Mais après une semaine intensive de surf, je peux dire que je sais tenir debout sur une longboard et que je commence à apprendre à gérer une short board. Surement à cause de Juan Carlos qui ne m’a pas laché une seconde. Merci mon pote !

Le truc cool du surfcamp, c’est que tu rencontres plein de gens un peu comme toi : des voyageurs de passage qui viennent ici juste pour le surf. Alors le soir, après avoir bataillé avec l’océan toute la journée, on s’détend !
Alors je vous vois venir avec vos reflexions et vos clichés sur les surfers.

Bah, j’avoue… c’est vrai.

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P8060010Le lieux fait que tu oublies naturellement toutes tes habitudes urbaines. Tu vis dehors 24h/24, t’es tout le temps en short de bain, t’es soit dans un hamac, soit en train (d’essayer) de surfer, soit en train de chanter autour du feu avec un péta… une guitare. Bref c’est cool et t’en redemandes.

Le seul truc qui pourrait nous empêcher de faire un feu de camp le soir, serait une tempête. Devinez, quoi… on y a eu droit.

P8060024La première fois ça fait un peu peur. Je dormais tranquillement dans ma petite guitoune, quand le vent m’a mis une claque. Tu te réveilles en sursaut, tu sors de ta tente, la pluie qui tombe horizontalement te gifle, les palmiers sont à moitié couchés, tu sais pas trop quoi faire ni où aller. Il fait totalement noir, plus d’électricité, et tu peux voir seulement quand il y a des éclairs. Je finis par trouver ce qui fait office de lieu principal, à savoir : un toit en paille. Au bout d’une heure, plus rien, retour au calme.

Le lendemain, rebelote. Mais en pire. Encore plus de vent, plus de pluie, plus de foudre. Du coup un des abris s’est écroulé. Ma tente à tenu le coup (bizarrement) mais tout était trempé. Je me suis donc résigné à prendre un lit dans une des cases. Bref c’est une expérience.

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J’ai rencontré Lucho et Nacho au surfcamp (et bien d’autres). Deux Argentins qui descendent l’Amérique Centrale en voiture. Lucho fait du surf et Nacho filme un documentaire sur Monsanto et son impact sur l’Amérique Centrale.

Tous les 3, on va dans la même direction : au Salvador. Du coup, ils me proposent de voyager avec eux. Vendu !

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Après une semaine passée au surfcamp, j’ai la bénédiction de Polo : j’ai plus besoin de prof. J’ai besoin d’entrainement. Allez, je vais poursuivre mon apprentissage au Salvador.

Antoine

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