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Ocixem m’a retourné !

47 jours du Nord au sud, et presque autant de tacos par semaine !
Qu’est-ce qu’on y mange bien… Oui ça pique un peu les premiers jours, puis on s’y fait et on en redemande : con chile por favor !

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De Tijuana l’électrique à Palenque l’historique, le Mexique est un immense pays d’une diversité époustouflante.
Paysages, histoire, culture, gastronomie, arts et j’en passe ; d’un état à l’autre on apprend et redécouvre.
Le passage à la frontière s’était fait sans grandes difficultés, avec un brin d’humour de la part du douanier et un éloge sur la Joconde…
Tijuana est grise, un peu sur les nerfs. Faut voir la file qui tente de passer quotidiennement à pied et en voiture, ça fait froid dans le dos.
Et la Murailla ; ils auraient construit un mur ce serait pareil…
Juan habite en face des plages, je ne pouvais pas rêver mieux comme entrée en matière… Lui et son équipe m’ont accueilli à bras ouverts le temps d’établir mes cartes, tracer mes itinéraires que je ne respecterai pas, me gaver de tacos pescados et chanter du Aznavour dans les karaokes enflammés des joyeux quartiers de la ville en sifflant des bouteilles d’Indio…
Merci à mes amis du Nord !

Après quelques heures de bus, 27 en fait, je découvrais Mazatlán et ses rues colorées le long du Golf de Californie.
Bus dans lequel ce chicano tatoué de son gang et percé de plusieurs trous de balle dans le bidon fut de bon conseil pour la suite de mon voyage…
L’ambiance est nouvelle, feutrée, loin des turbulences de Tijuana. Le quartier historique est jaune, Orange, rouge bleu vert ! c’est décontracté, les gens sourient pour un oui, pour un non, pour un rien : c’est un syndrome mexicain. Ça s’attrape en plus !
À peine arrivé, les deux primos Armando et Luis m’embarquent dans leur vie. On s’est marré, marré, marré à n’en plus finir. Ils m’apprennent le Mexique et me font gouter beaucoup de choses. D’ailleurs, les tripes de vache au marché à 6h du mat le dimanche en sortie de boum passent sans grande facilité, faut le reconnaitre.
Mazatlán c’est aussi l’eau de mer la plus chaude que j’ai connu, un ciel majestueux chaque soir, une corniche de 21 kms et une police en cagoule armée pour la Syrie : ce qui pourrait paraître démesuré… Je n’ai pas vu un seul acte de violence ni même d’agressivité dans aucun regard ni comportement sur l’ensemble du périple mexicain.Mais la guerre des cartels, la corruption, les narcos et la misère se lisent chaque matin en première page. On pourrait passer une vie à Mazatlán, mais ce n’est pas l’idée et je poursuis ma route pour Guadalajara. Fini la plage, fini le Bicho et un aurevoir malheureux aux amies et cousins de l’État du Sinaloa.

Guadalajara est une ville par excellence, la deuxième du pays. On y trouve des monuments à chaque coin de rue, des parcs, des églises, des églises, des églises et du mezcal ! Les bâtiments sont ouverts au public du coup les balades sont souvent riches et les bonnes surprises un peu partout. Ça sent l’Espagne dans l’architecture, je crois….
Sauf qu’ici le soir, on ne traine pas trop autour de l’hôtel. Dans la rue d’en face : les narcos, à gauche la mala vida, à droite les femmes de joie, les hommes de joie, les hybrides de joie… alors je passe du temps avec mes voisins de piole du Honduras et d’ailleurs. Buena Onda, comme on dit dans le pays.

Nouveau décor, nouveau climat. Je m’enfonce un peu plus dans les terres et découvre les pueblos de Mazamitla et Patzcuaro. Je suis dans les montagnes, c’est très vert. Avec ce qu’il pleut je comprends pourquoi. Évidemment, le quotidien est bien different des villes et des agglomérations précédentes. La vie se fait au contact de la nature avec tout le respect qui lui est dû, héritage traditionnel ou religieux qui sait mais c’est carrément appreciable. Les balades à
velo prennent toute leur essence dans ces conditions !
Il y regne une paisibilité et un calme relaxant (je ne me sentais pas particulièrement stressé auparavant, loin de là, j’ai mes armes… mouahahah) où l’artisanat et certaines fêtes traditionnelles comme celle des morts sont uniques en leur genre.
Entre les deux villages il y eu cette escale ubuesque à Zamora. Pas particulièrement belle, la ville abrite l’un des sanctuaires les plus fameux. Mais la surprise n’est pas tellement architecturale.
J’ai atterri chez Edgar pour passer la nuit… AAAAAAAAAH Edgar…!
Edgar est un garçon sensible, en fait. Et son copain Pablo aussi… Ça faisait deux sensibles qui assument pleinement leur sensibilité.
Non, non, non, ils ne me n’ont ni sensibilisé, ni désensibilisé. Seulement j’aurais préferé ne pas etre spectateur de leur sensibilité exacerbée, quasi publique !
M’enfuir ? Dire que je n’y ai pas pensé serait presque mentir. Mais il faisait déjà nuit et j’étais paumé au milieu de nulle part.
Comique après coup, c’était un moment de solitude profond sur l’instant. J’ai décollé tôt, très tôt le lendemain matin. Et là encore, surprise.
Bref, tout ne peut pas s’écrire… Zamora, ville de transit. Je saurai m’en rappeler !

Morelia ciudad, je m’étais dit 1 jour pas plus.
Cela faisait peut etre 1 heure que j’y trainais. Aléa du direct, de Morelia je n’ai vu que la cathédrale, grandiose.
1 sourire + 1 café = 1 retour en arrière au pueblo, celui de Ario de Rosales cette fois, chez Gardenia pour y passer l’après-midi. Le même jour, plus tard dans la nuit je quittais Ario pour la capitale, 400kms à l’Est.
Mexico Distrito Federal (D.F. comme on l’appelle).
À 5h du matin, D.F. dormait encore. Depuis le bus qui m’amenait au centre historique, j’ai vu cette femme entièrement nue sur le trottoir. C’était troublant. Elle était la à se parler toute seule sur un carré de terre à 5 mètres des quelques personnes qui attendaient le bus, dans la plus grande indifférence. La scène a peut-être duré 50 secondes, mais elle m’est restée comme un aimant tout le long du trajet, l’esprit encore confus et embrumé par une courte nuit passée dans le bus.
C’est quoi ce délire… C’était quoi ce putain de délire ?

Les rideaux de fer étaient descendus, les rues presque vides et les premiers rayons de soleil apparaissaient. La ville était belle et silencieuse. Puis elle est réveillée peu à peu… Je n’aurais jamais imaginé quelques minutes plus tot le joyeux bordel que ça allait être. Et c’était véritablement un joyeux bordel sous un soleil radieux !
Des commerces dans tous les sens, des cafés, des terrasses, du trafic des flics, des manifs et cette immensité de 21 millions d’habitants dans une cuvette encerclée par les montagnes et quelques vestiges mayas.
Plus tard dans la journée, après de longues balades, on s’est croisé avec Eriko sur un passage piéton. C’est un chilango qui a grandi ici. Nous avons fait un petit tour en voiture de 2 h, (soit deux patés de maison… mais ce sont des gros patés à Mexico !) tenté d’impossibles manoeuvres dans les rues bouchées et raconté nos vies entre deux, trois churritos…
C’est sur cette euphorique lancée que nous sommes partis vers 17h00 dans ce bar reggae qu’il fréquente occasionnellement. Et déjà là, à 17h00, c’est un autremonde. Musique en live, DJ et tout ce qui accompagne…
Les rues étaient bondées quand nous en sommes sortis. Pause Taco obligatoire avant de rejoindre ses amis artistes de rue. Ce sont eux qui m’ont fait découvrir les entrailles de D.F., l’exclusivité de ces lieux insoupçonnés où les artistes rangent leur matoss lorsqu’ils ne travaillent pas. Puis nous avons repris le chemin du vice, en repartant de plus belle festoyer dans un autre bar tous ensemble avant de choper le dernier busde 00h30 pour Oaxaca.
Ce fut une virée intense et memorable au rythme effréné dans Mexico la sulfureuse.

Le passage à Oaxaca fut bref mais plaisant. Bien que la ville ait des airs de Mazatlán, notamment par ses couleurs, elle tire son épingle du jeu grace à l’authenticité de l’art local qui y est produit. Si on y produisait que de l’art… les amateurs de végétation apprécieront sa verdure locale…
La proximité de ses commerces, de ses marché et les animations extérieures en font un carrefour où il y fait bon de trainer et fouiner tout et n’importe quoi. Surtout quand le temps est lui aussi de la partie. C’est un heureux cocktail.

Oaxaca, ou l’ultime étape avant le gros rendez-vous du 05 août : Huatulco.
Nous avions prévu de nous y retrouver.
Voilà mon cher Carlos, un frère de coeur qui débarque. D’abord dans un hôtel avec l’équipe du mariage que je salue et remercie puis dans une vecina à partager la vie de ceux qui nous y ont accueilli, les retrouvailles furent à la hauteur de l’événement ! Une semaine de folie, de vice à tous les étages et de dépravation quasi quotidienne… La non plus, tout ne peut pas s’écrire. Et le secret doit rester
intact, intemporel, exclusif ! On a profité de ce beau moment, forcément trop court.
Huatulco est une petite ville qui aspire, c’est un tourbillon. Le minimum est suffisant et rien n’a vraiment d’importance. Son microclimat et son rythme de croque-mort en font une véritable parenthèse temporelle à grosse chaleur, à quelques kilomètres à peine des montagnes pluvieuses.
Même Omero le perroquet n’a plus la force de chanter !
Mais Huatulchaud et ses plages n’auraient pas eu autant de saveur sans Dabid, Cynthia, Don
Gil, nos amis de la vecina et de la Crema, coeurs ouverts. C’est comme si nous avions été là depuis toujours… 1000 mercis pour les balades, les verres, la piole, les fous rires, les conseils et j en oublie.

Une fois sorti des griffes de ce paradis, je devais partir pour San Cristóbal.
Le Chiapas, État libre et souverain du Mexique connu entre autres pour ses tribus indigènes, son histoire politique et les fameux Zapatistas.
Hippies, chamanes, contre culture, musiciens et artistes en tous genres, la combinaison est détonante dans cette ville agréable et silencieuse. Après quelques jours à me balader et trainailler avec 2 malheureux potes mexicains qui se sont fait dépouiller au Guatemala, je m’en allais pour mon ultime destination mexicaine : Palenque, véritable terre Maya où vivent encore de nombreuses tribus.
De toute cette partie je n en garderai que des souvenirs, intacts biens sur. Les photos se sont envolées avec celui qui m’a secrètement chourré l’appareil photo un peu plus tard.
Qu’importe, les images sont inscrites derrière la rétine. La seule chose qui compte vraiment est de les avoir vécu.
La liste est longue, mais je me souviens des vestiges bien sur, de l’habit traditionnel Maya plein de couleurs que portaient toutes ces femmes, des villages de bois, des fabuleuses cascades d’Agua Azul et d’ailleurs, de ces singes hurleurs, de ce gros scarabé beige et noir à trompe, de cette inoubliable virée
dans un village avec 4 locaux croisés sur une route qui m’ont emmené chez ce sculpteur de bois et fait boire cet alcool de caña, de cette femme au regard et sourire machiavéliques qui me répétait « aaaah Agua Azul, mucho demonios »… Et bien sur, de cette dizaine de tacos con chile que je me suis enfilé la veille
de mon départ pour le Guatemala, baroud d’honneur gastronomique.

Quel pays, quelles aventures…
Une vie suffirait elle pour venir à bout de ces 31 Etats ?
Mexique, tu m’as retourné.

PHOTOS PHOTOS PHOTOS PHOTOS  :
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(Eviter le mode plein écran ou diaporama pour lire la légende des photos. Désolé je ne maitrise pas !)

Jordane

 

4 comments

  1. Le syndrome du sourire me manque et ton récit me conforte dans l idée de mes prochaines destinations! Comme tu le dis si bien les images sont gravées dans ta tête, et ce petit égoïsme fait du bien ;) il faut en garder un peu rien que pour soit !
    Take care of you and enjoy Your trip

  2. Ola !

    Ca c’est de la « life » ! Tu fais plaisir à voir.

    Excellent ton passage sur la « sensibilité » ! J’imagine trés bien et j’en ris !! Sacré Jordan.
    Merci pour ce beau reportage ! Bises

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