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GuateBuena !

C’était débile, presque inutile de se mettre à courir maintenant. La route était encore longue pour rentrer, suffisamment pour ne pas arriver avant la nuit. C’est le panneau « Flores 25 km » qui m’a fait réaliser non pas la galère à venir, mais celle dans laquelle jetais.
J’avais raté le dernier bus du retour, il faisait déjà bien sombre, je marchais depuis 2 heures comme un cake en claquette sur une route départementale évidemment pas éclairée et entourée d’une forêt bien dense. Il y a des moments où la solitude te guette… Tu as beau lever le pouce, personne ne s’arrête. Personne.
Sauf la police, forcement.
Les poches pleines ? Presque…
L’expérience était chouette, on a fait une petite balade avec ces messieurs qui s’énervaient de voir que leur giro et la sirène ne marchaient pas, puis ils m’ont changé de voiture et dans la deuxième, ces nouveaux messieurs eux s’extasiaient de voir que le giro marchait plutôt bien et m’ont joué toutes les sirènes possibles avec fierte. On a même pris le temps de s’arrêter et papoter avec ces demoiselles. Les priorités ne sont pas les mêmes !

Quelques jours à Flores, sur cette petite ile chaude et colorée sur un lac au nord du pays, puis à Semuc Champey au centre du Guatemala. L’excursion jungle par excellence.
Il n’y a pas de route, que des chemins, pas de ville, juste le pueblo de Lanquin à quelques killometres. À Semuc Champey je visite des grottes profondes de 11 km à la bougie, nage dans le río, saute dans les cascades et grimpe en haut des montagnes pour se percher sur les miradors et apprécier l’immensité verte qui prédomine.
Merveille de la nature, les montagnes ont crée des piscines naturelles d’eau filtrée par la roche, des piscines pures et transparentes à étage sous lesquelles se jette avec une force impressionnante le rio dans lequelle tous se baignent. Ici on vit au milieu des tribus mayas locales, il y aurait 22 dialectes.
En photo c’est vraiment mieux qu’en 5 lignes… malheureusement je n’ai jamais retrouvé le chameau qui les a emporté.
Le temps d’un petit foot dans la boue avec des minus, quelques pas de danse avec Connie, des balades sauvages et j’ai repris le chemin de la ville pour débarquer à Coban, non loin de la capitale.

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Coban n’est pas une ville extraordinaire. Par contre j’y ai rencontré Don Donald, voisin de piole. Don Don est un vétéran américain, il a 82 ans et voyage seul en sac à dos. Un sage. Une peche de fou, une santé de fer sans viande, ni alcool, ni soda. Fruits et légumes du matin au soir.
Il parcourt l’Amérique centrale pour rendre visite à ses amis. Il vit dans son époque à 100%, parle peu du passé et cherche les réponses à des questions de société, politique, économie mondiale etc. On refait le monde ensemble la journée, puis le soir je me retrouve chez Shirley et son frère Daniel, guatemaltecos de Coban. On déguste des crêpes, passe des soirées entières à écouter de la musique et à s’enjailler des douceurs locales, naturelles elles aussi…
Seconde expérience policière mais de l’autre côté de la barrière cette fois. Il y a un critère déterminant pour connaitre le niveau de corruption d’un agent, c’est le temps qu’il te laisse entre le moment ou il t’interpele en voiture et celui où il vient se presenter à toi. Comme si ce temps t était l’opportunité qu’il t’offre pour régler tes petites affaires, à savoir planquer ce qui dépasse ou préparer le billet…
En l’occurrence, il nous a bien laissé 15 secondes… Mais puis qu’ils aiment le travail bien fait, l’appel à un ami est compris dans l’offre et ils t’autorisent meme à collecter auprès de ton entourage la somme qui leur convient. Autrement dit, tu peux appeler tes potes pour qu ils t’apportent des sous, ou faire un aller retour de 10 minutes pour choper ce qu’il manque. Quelle souplesse…

Le periple guatemalteco s’est terminé dans la capitale. Guatemala ciudad, sulfureuse.
Putain que c’est gris ! La faute aux bus qui crachent une fumée noire à longueur de journée.
A l’interieur, il n y a pas de regles, tu subis. Tu subis la chaleur, le ramdam de mahboul, les bidons de plastique comme siège, les vendeurs de tout et rien, les arrets à la station service meme quand il est surbondé, une circulation de chameau et j’en passe.
La capitale se divise en zones. La zona 1 serait la plus sure, mais à l’abri de rien évidemment. Faut prendre le temps de lire le journal pour se rendre compte de ce qu’il s’y passe. Accidents, meurtres, assauts, bref ça rend tout le monde parano.
Le journal s’organise caricaturalement de la façon suivante : 10 pages de cadavres, assauts drogue et maras en tout genre de quoi te mettre la pression et te faire serrer les genoux, 10 pages de pubs pour t’abrutir, 10 pages avec des minettes miss monde et maillots de bain pour te ramener à la vie et 10 pages foot pour que tu finisses sur une note joyeuse.
Deux semaines, le temps de vivre la fête nationale du 15 septembre et de passer un peu de temps chez Mirza… Faut dire qu’elle avait des arguments !
3 jours de défilé non stop, de pétards (qui font Pan) et de fiesta intense. La nuit, c’est silence absolu. Les feux s’éteignent, ville fantôme. Là ça devient flippant. Celui qui marche seul est une proie, c’est certain.
Riche expérience au pays des Mayas, riche expérience avec ceux que j’ai pu rencontrer.
J’ai raté pas mal de choses qui m’ont permis d’en vivre d’autre, aucun regret que des souvenirs en or.
Encore une fois, je me suis fait surprendre.

Jordane

2 comments

  1. Un vrai roman ! Je suis tellement contente que tu arrive a vivre ça. Hâte de te voir vivre des chose ici ( Imbassai ) je t attend avec une plage sublime une riviere foyé de plien d animaux, une joie de vivre et un soleil radieux !

    Prend soins de toi Jordy !

    A bientôt j espère !

    Amelia

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