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L’arrivée au Népal

Des débuts rigolos

Je ne vous ai pas raconté le Népal. Attends.

L’arrivée au Népal était un peu drôle, j’avoue. Je suis à l’aéroport de Delhi et l’idée c’est de me trouver un billet d’avion pour Katmandou. Je fais le tour des comptoirs des compagnies aériennes mais que dalle… tout est plein sur les 4 prochains jours. La cause ? Un festival religieux. Bon… Je retourne à un comptoir et je demande au type comment je peux passer la frontière terrestre pour passer au Népal. Il doit savoir lui qui est du coin. Quel est le meilleur endroit ? Le meilleur moyen de m’y rendre etc. Réponse du zozo (attention, blague) : “Tu ne peux pas passer la frontière terrestre. – Ah bon, pourquoi ? – Baaaaaah… euh… parce queuuuu… parce que tu es un étranger !”. Sans déc’ ? C’est ça ton excuse ? J’éclate de rire et il comprend que j’ai compris qu’il essayait de me la mettre à l’envers. Allez un peu de sérieux. Bah oui, pour lui l’objectif c’est que je lui achète un billet, pas que je reparte à pied. Bon bah merci du conseil l’ami mais je vais me débrouiller. Allez tchaôw !

Je trace à la gare de Delhi et j’explique mon affaire à la nana du comptoir. “Voilà je veux aller au Népal en passant par la frontière terrestre, est-ce que je peux prendre un train ? – Oui absolument. La plupart des trains pour Gorakhpur (proche de la frontière) sont complets. Mais je peux te proposer un autre billet pour Sagauli.”.  C’est encore plus proche de la frontière mais moins populaire (et je vais comprendre pourquoi plus tard). Bon bah je lui fais confiance. Vendu. Et le lendemain, c’est parti pour 18h de train. Funky.

Une après midi, une nuit et une matinée plus tard, j’arrive à Sagauli. C’est à 20 km de la frontière. Je chope un tuk-tuk, je me mets d’accord sur un prix avec le driver et en avant Guingamp ! Après 2h de tuk-tuk, celui-ci s’arrête un peu avant la frontière et m’explique qu’il ne veut pas s’approcher trop près des postes de douanes. Euuuh… ok. Bah je vais me demmerder alors. Mais avant de descendre, il prend soin de m’expliquer que en fait, le prix de la course qu’on avait fixé à 500 Rps ça ne lui convenait plus au final et que du coup il aimerait bien 1 000 Rps à la place. Ben voyons, la belle affaire ! On s’explique, mais il capte vite que sa stratégie est (très) mauvaise et que ses chances sont minces. Bref. Tiens, voilà 500 pallos. Salut mon gars.

Je suis encore à quelques bornes de la frontière et un genre de tuk-tuk à pédales (un vélo à 3 roues, quoi) m’embarque jusqu’à la frontière. Moi j’sais pas où elle est la frontière, je me contente de me laisser aller. Puis à un moment un mec se met à nous courir après et à engueuler le “chauffeur”. Je ne comprends rien. Puis le mec en question me dis que je suis en train de passer la frontière en fraude et que je dois descendre et passer au poste de douane indien. Ah bah oui tant qu’à faire. Du coup j’imagine ce que le douanier à dû dire au lascar en indien… “Si tu essayes encore de faire passer des touristes en fraude au Népal, on te coupe un pied et on te mange un œil et ça sera bien fait pour ta gueule !”.

Pouf, un coup de tampon indien pour la sortie du pays et je traverse le pont qui représente la frontière entre le l’Inde et le Népal. Un militaire népalais m’accueille avec le plus grand sourire du monde et m’accompagne au poste de douane népalais. Le mec est juste trop content de voir quelqu’un. On papote de tout et de rien pendant qu’il me bidouille mon visa népalais. Puis il sort dehors avec moi et m’explique les différentes options pour me rendre à Katmandou. “Alors tu peux marcher pendant 3-4 bornes puis choper un bus en ville mais c’est 8h de bus ensuite. Ou sinon à 30 bornes d’ici il y a un petit aéroport et tu peux prendre un avion qui te dépose à Katmandou en 15min de vol.”. Franchement il est 14h et je ne me vois pas débarquer à Katmandou de nuit sans savoir où je mets les pieds. Le coup du petit avion + 15min de vol me fait un peu marrer alors j’ai envie de faire ça. “Il est quand le prochain vol ? – Aaaaaaah le prochain vol… ça va être chaud pour ta pomme mon con car le dernier vol pour Katmandou est dans 1h. Mais t’inquiète, ça va le faire.”.

Et là j’hallucine… Le militaire se fout au milieu de la route et essaye de stopper une moto parmi les centaines de bécanes qui lui passent autour. Tout le monde l’esquive et fait semblant de ne pas l’avoir vu. C’est trop marrant ! Et finalement il arrive à stopper un mec à moto. Et en gros, je crois qu’il lui a dit “Ecoute bonhomme. Je sais que t’es pas taxi mais y’a ce touriste qui doit prendre l’avion dans moins d’une heure. Ca serait cool qu’on lui fasse une bonne première impression et que tu l’emmènes à l’aéroport” (ou alors il a juste dit “emmène-le ou je te tue”, j’sais pas…). J’en reviens pas. Merci pour l’accueil en tout cas !

Je suis assis à l’arrière d’une moto, sans casque, avec mon gros sac à dos et un népalais qui conduit pied nu. C’est trop-ma-rrant !

Et là on traverse des bleds. Franchement… j’ai vu des trucs… mais des trucs mon ami ! C’est quoi l’époque avant le Moyen Age ? Je ne me souviens plus*… bah voilà, les bleds que j’ai traversé c’était cette époque là. Hardcore… Je suis dans un autre monde. Les “trottoirs” sont littéralement recouverts de déchets et d’excréments. Les gens marchent là-dessus sans que ça ait l’air de les déranger. Et sur ces même trottoirs déchets de caca, il y a des étalages où on vend de la viande, qui bien sûr est exposée selon les normes sanitaires les plus strictes. A savoir : des cadavres de chèvres sont posés sur des bâches, tête coupée et langue qui pend à côté du cadavre, en plein air et on peut faire son petit marché rilax et chiner tranquillou au milieu de ce petit marché local qui sent le cadavre. J’ai envie de vomir… Nous pendant ce temps là on traverse tout ça en bécane et les rues sont pleines de sang. On roule dans des flaques de sang et des fois je sens des petites gouttes qui viennent m’éclabousser les jambes… j’ai trop les boules… j’ai envie de pleurer. Le pompon sera d’avoir vu une chèvre se faire trancher la tête, vivante, en pleine rue, sur un tas d’ordures.

Je suis un peu trop stressé et pas du tout à l’aise pour sortir l’appareil photo…

Au bout de 30 bornes, on arrive enfin à l’aéroport l’aérodrome et je lâche quand même un petit billet à mon pilote de moto parce que franchement, c’est trop cool d’avoir fait ce qu’il à fait. Merci !

Et effectivement, 15min d’avion plus tard, j’arrive à Katmandou.

*C’est l’Antiquité

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